Il y a des dizaines de raisons possibles de choisir un ouvrage dans une librairie. Pour celui-là, c'est l'objet livre et son titre orange vif qui m'a attiré. Cette couverture en carton recyclé sur laquelle est notée en diagonale "Dieu me déteste" m'a littéralement "tapé dans l'oeil". Ce roman d'Hollis Seamon est paru en mars 2014 en France dans l'édition La belle colère.

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Le problème est que lorsque j'ai lu la 4è de couverture, une hésitation m'a pris. En effet, connaissant mon "potentiel larmichette", acheter un livre sur la mort annoncé d'un adolescent de 17 ans n'est pas ce qu'il y a de mieux pour garder les vannes fermées. Pourtant, je vous conseille de lire ce roman mettant en scène "l'Incroyable garçon mourant", ainsi se surnomme le personnage principal. Richard Casey a 17 ans, vit aux soins palliatifs de l'hôpital Hilltop, Etat de New York, et vient d'apprendre qu'il en a encore pour un mois grand maximum...Même pas sûr d'atteindre ses 18 ans. Mais Richard Casey emmerde le "Big Boss"/Dieu et a décidé d'en profiter malgré sa DMD, sa maladie "Dieu me déteste".

Au programme de son dernier mois, Richard a décidé d'effrayer les visiteurs pour Halloween, jouer aux cartes avec les autres mourants de l'étage, s'évader de l'hôpital pour aller dans un bar avec son oncle, tenter de rendre le sourire à sa mère et coucher avec la jolie Sylvie, 15 ans, également aux soins palliatifs. Et c'est avec toute l'énergie et l'imagination de ses 17 ans que ce petit con (l'expression est familère mais affectueuse promis ^^) va tenter de réaliser son programme. Pour cela, il est armé de son fauteuil roulant et d'un corps tellement irradié que, selon lui, "quand il pète ça s'allume".

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Ce roman était un pari osé pour son auteur et ce dernier est complètement réussi. En effet, Hollis Seamon l'a écrit car elle-même a pendant des années arpenté les couloirs d'un hôpital pour rendre visite à son propre fils malade. Et elle a discuté avec les équipes soignantes et les autres adolescents malades et y a découvert un monde où la souffrance ne signifie pas forcément un manque d'humour et de joie de vivre. Pour elle, on y rit limite plus fort car le temps peut être compté.

L'auteur réussit également le pari de traiter d'un sujet douloureux sans chercher à tout prix à faire pleurer ses lecteurs. Parce que mes vannes sont restées fermées. On peut être ému et se prendre d'affection pour ce petit merdeux de 17 ans qui réussit à retourner tout un service mais tout cela par amour. Ce personnage de Richard Casey a l'air presque réel tellement son langage est proche de celui d'un réel ado de 17 ans.

Et puis ce roman, c'est aussi la découverte d'une toute nouvelle maison d'édition, celle de La belle colère qui a débuté en 2014. Ce label a été crée par Stéphane Carrière et Dominique Bordes, deux éditeurs qui ont décidé que leur maison d'édition allait avoir un objectif précis. En effet, les romans choisis ont toujours un lien avec l'adolescence. Mais le public visé n'est pas l'adolescent mais les adultes. Pour les éditeurs, ces romans rappellent qu'être ado, c'est avoir une superbe énergie, n'être sûr de rien et ne pas vouloir encore s'enfermer dans une voie. Et les auteurs publiés sont un peu pareil. Un deuxième roman est déjà paru avec cette maison d'édition La ballade d'Hester Day mais je ne l'ai pas encore lu.

Je termine en vous conseillant cette lecture pleine d'humour et d'émotion et qui, pour les réfractaires des ados (j'en connais) les réconcilie avec eux.