Si des personnes lisent mes billets de lecture régulièrement (on a le droit d'avoir de l'espoir quand même ^^), vous savez que certains des livres présentés me sont prêtés par "super collègue" ou par "mon collègue d'anglais". Vient maintenant s'ajouter "pétillante collègue" qui est une de mes collègues au collège en mathématiques. C'est elle qui m'a prêté ce roman qu'on ne veut pas lâcher, La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker, paru aux éditions de Fallois/L'âge d'Homme en 2012.

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L'histoire se passe en 2008, en 1975, en 1998, en 2003. On y rencontre un jeune auteur, Marcus Goldman, victime du syndrome de la "page blanche" alors qu'il doit écrire rapidement un deuxième roman. Il y a aussi Harry Québert, célèbre écrivain vivant à Aurora, enseignant à l'université de Burrows et ayant été le "mentor" de Goldman. Et la jeune Nola Kellergan, adolescente de 15 ans en 1975, ayant disparu...et réapparaissant sous la forme d'un squelette dans le jardin de Harry Québert après des travaux de jardinage. Et le temps s'accélère: Marcus Goldman décide de partir à la recherche de la vérité, de disculper son mentor, tout en affrontant pêle-mêle: son éditeur qui veut un 2è roman avant l'élection du nouveau président américain, sa mère qui ne pense qu'à le marier et la petite ville d'Aurora qui considère Harry Québert comme le coupable idéal. Et comme le roman s'étend sur 660 pages, on se doute déjà que le premier coupable n'est pas forcément le bon. Enfin....

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Et c'est parti pour les trois principales raisons de lire ce roman:

1) car l'auteur connaît les Etats-Unis. Il y a voyagé à de nombreuses reprises et restitue donc avec précison et justesse l'ambiance, les paysages, les habitudes américaines. Ce n'est pas tant un roman "à l'américaine" qu'un roman ayant pour sujet les Etats-Unis des années soixante à nos jours. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié cette description des Etats-Unis et des paysages qui se retrouvent jusqu') la couverture avec un tableau de Hopper (je me râle encore dessus de n'avoir pu aller voir l'expo Hopper à Paris l'an dernier).

2) Le rythme est haletant. Ne soyez absolument pas rebuté par le fait que le roman dépasse les 600 pages. Jusqu'aux toutes dernières pages (environ les 20 dernières), on ne sait toujours pas qui est "le(s)" coupable(s). Les pistes partent dans tous les sens, on a l'impression de progresser au même rythme que Marcus...et quand on finit par être totalement plongé dans le roman...on serait presque en train de s'adresser aux personnages pour leur faire part de nos propres théories (et oui, je suis saine d'esprit ^^).

3) pour le côté "visuel" du roman. Un article de l'express de septembre 2012 compare l'histoire du roman à une série policière Cold case: affaires classées. Je comprends pourquoi: le mode d'enquête n'est pas le même mais le rythme pris par le roman, les personnages, la multiplication des hypothèses et des allers-retours entre les époques, font que tout cela pourrait être réalisé sous la forme d'un film ou d'une série.

Vous pouvez donc vous précipiter sur la lecture du deuxième roman de Joë Dicker, jeune suisse de 29 ans ayant été nominé au Goncourt avec ce roman en 2012 et ayant gagné le Goncourt des lycéens. Pour ma part, je pense que je vais bientôt m'intéresser à la lecture de son premier roman Les derniers jours de nos pères. Encore merci "pétillante collègue" pour cette super découverte!!!