Copper est une série américaine produite par la BBC America, en deux saisons, malheureusement annulée cette année. Etant une grande fan de la guerre de Sécession (j'en parle souvent), il m'a semblé sympathique de regarder cette série qui traite du New York de 1864, soit vers la fin de la Guerre Civile américaine. Copper en argot signifie policier, dans un genre un peu vulgaire, péjoratif.

Je traiterais dans cet article de la saison 1, la saison 2 venant assez vite! 

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Kevin Corcoran est un flic, d'origine irlandaise, qui a combattu au front mais qui finit par être libéré de service lors des émeutes de New York. La série commence sept mois plus tard et l'on apprend que lorsqu'il est rentré chez lui, il a retrouvé sa petite fille morte alors que sa femme a disparu... Habitant aux Five Points, point chaud de New York, en 1864, il dirige une brigade tout en enquêtant sur le disparition de sa femme et la mort de sa fille. S'il fait parti des "pauvres", il côtoie néanmoins, le gratin sur qui il doit veiller mais surtout enquêter. Parmi ceux la figure Robert Morehouse, son ancien commandant d'armée qui a perdu une jambe et Elisabeth Haverford, femme d'un puissant industriel, à l'attitude plus ou moins suspecte. 

Corky a deux principaux collègues et amis : Francis Maguire qui n'a pas fait la guerre et Andrew O'Brien, sympathique bonhomme mais maltraité par une femme au fort caractère... S'y ajoutent Annie, une jeune fille déjà femme dont on fait connaissance dès le premier épisode, Matthew Freeman, un médecin noir ayant combattu avec Corky et Robert Morehouse ainsi que sa femme Sara, traumatisée par la haine des blancs contre les noirs et Eva, une mère maquerelle dont Corky visite le bordel assidûment...

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Par le biais d'enquêtes policières selon les mœurs d'une seconde moitié du XIXème siècle américain, on découvre un monde glauque, sombre et pauvre, lieu de querelles entre irlandais récemment arrivés, natifs américains et afro-américains libres. On plonge directement dans la misère et la crasse la plus noir, où les confrontations sont nombreuses et les lois, celle du plus fort ou du mieux armé. Les flics ne sont pas clean du tout, n'hésitant pas à voler l'argent sur les cadavres ou sur les scènes de crimes. La bourgeoise est également dépeinte comme ayant des mœurs plus que douteuses, en proie à la drogue, aux complots pour faire un maximum de profit, ou pire encore, tourné vers la luxure envers de jeunes filles pauvres.

Dans ce lot de malhonnêteté ambiante et plus que présente, Corky mène l'enquête sur sa famille, chaque meurtre résolu alui apportant un indice le rapprochant de la vérité. Bien que d'allure parfois sale et négligé, violent et faisant sa propre justice, Corky est un homme au grand cœur, intelligent et assoiffé de justice. Contrairement à beaucoup de ses amis ou connaissances, il n'a pas de préjugés raciaux et n'hésite pas à demander l'aide de Matthew, médecin et scientifique à ses heures. C'est cependant un homme guidée et influencé par les femmes de sa vie et son bas ventre....

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A travers ces personnages tous plus retords les uns que les autres, l'ambiance est plus sombre que ce que l'on peut voir d'ordinaire. Bien loin d'un Spartacus où le sang coule à foison, Copper ne déborde pas d'hémoglobine mais aborde des sujets aussi malsains et dérangeant que le racisme, la haine de l'autre, l'avortement, l'adultère, les bordels et les viols d'enfants ainsi que la grande pauvreté avec beaucoup de justesse. La Guerre de Sécession, en fond d'histoire ne fait qu'accentuer toutes ces rancœurs et ces haines, d'un peuple déchiré qui ne se comprend pas et d'une société qui est cloisonnée et hermétique, quelque soit le camp... Ce fond social bouillonne à chaque instant et menace perpétuellement d'exploser. On retrouve une certaine inspiration de film comme Gang of New York mais la série tente clairement de s'en dégager.

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Si l'histoire et le scénario sont bon et la réalité historique diablement bien respectée, l'interprétation et la réalisation ne sont malheureusement pas au même niveau. Les acteurs sont à peine connus voir totalement inconnus ,en France et même ailleurs. Certains débutent à la télévision et cela se ressent clairement sur leur façon de jouer et leurs expressions. Kyle Schmid, jouant Robert Morehouse est un des meilleurs dans la série. 

La réalisation laisse à désirer avec des scènes parfois mal cadrées, des coupures de scènes brutales, sans transition et une caméra trop mouvante. Mais ces défauts ne font pas oublier qu'il est rare de voir une série se tenir aux faits historiques avec autant de justesse et qu'elle vaut donc le détour...